Des loups insulaires sauvés de la consanguinité aux EtatsUnis

first_imgDes loups insulaires sauvés de la consanguinité aux Etats-UnisMises en ligne fin mars dans Proceedings of the Royal Society, les données concernant le suivi d’une population insulaire de loups du Lac Supérieur, durant des années, par deux chercheurs américains, montrent l’effet positif, rapide mais éphémère, de l’arrivée d’un nouveau mâle reproducteur dans cette population de canidés sauvages. Collectant systématiquement depuis 12 ans les excréments des loups du parc national de l’Isle Royale, situé sur une île isolée du lac Supérieur (États-Unis), John A. Vucetich et Rolf O. Peterson, de l’Université de Technologie du Michigan, ont un beau jour appris, par leurs collègues généticiens chargés d’étudier ces échantillons, qu’un “sang neuf” – un apport génétique extérieur – venait d’arriver parmi cette population lupine insulaire, habituellement coupée du monde.À lire aussiLe tardigrade, cet animal quasi indestructible, révèle la clé de ses super-pouvoirsLes observations de terrain confirmèrent les données moléculaires : surnommé “The Old Gray Guy” (“le Vieux Gris”) par les scientifiques, un mâle adulte du continent – empruntant sans doute un pont de glace – avait rejoint l’une des meutes de l’île, en devenant rapidement le ‘mâle alpha’ (le dominant).L’animal est mort depuis, en 2006. Mais il a laissé sa marque : il a engendré 34 rejetons et 22 petits-enfants. Aujourd’hui, 56 % du parc génétique de cette population insulaire lui est lié. En quelques générations à peine après l’arrivée du Vieux Gris, la consanguinité chronique chez les loups de l’île a chuté.Les chercheurs déplorent cependant une baisse (naturelle) des populations d’orignal, proie principale des loups de l’île, lesquels sont, du coup, à nouveau en déclin. Une réponse claire (un renouveau espéré de la population lupine) à l’évènement migratoire (l’arrivée du Vieux Gris) pourrait ainsi avoir été masquée par ce problème de ressources, empêchant les  scientifiques d’exploiter ce qui aurait du être un ‘laboratoire naturel’ privilégié pour observer les effets d’un ‘sauvetage génétique’, phénomène encore mal connu.Le 3 avril 2011 à 18:12 • Emmanuel Perrinlast_img

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